Acheter un bien immobilier est souvent l’une des décisions les plus importantes d’une vie. Il faut cependant prendre le temps de vérifier minutieusement certains éléments avant de s’engager. Dans cet article, nous établissons une checklist de ce qu’il faut examiner avant votre achat.

Visiter le bien

Avant toute chose, il est indispensable de se déplacer pour visiter le bien. Les photos ou les descriptions, aussi détaillées soient-elles, ne remplacent pas votre vision en physique. Une visite permet d’évaluer la luminosité, le voisinage, l’état général du logement et son environnement. Elle donne également la possibilité de poser des questions précises au vendeur ou à l’agent immobilier.


L’acheteur doit garder à l’esprit qu’on ne vérifie pas les mêmes points selon qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison. Un appartement implique de se pencher sur la copropriété et les charges collectives, tandis qu’une maison exige une attention particulière à l’état des installations, de la toiture ou du système d’assainissement.

S’assurer que le vendeur est bien le propriétaire

En cas d’achat d’un bien, l’un des premiers réflexes doit être de vérifier la légitimité du vendeur. Si la transaction passe par une agence immobilière, celle-ci a généralement déjà effectué ce contrôle. Mais si vous passez en direct, nous vous conseillons de demander à consulter le titre de propriété et de vous assurer qu’il correspond bien à la carte d’identité du vendeur, ainsi qu’à la taxe foncière. Cette vérification d’informations permet d’éviter toute fraude sur la véritable propriété du bien.

Examiner les charges et les comptes de la copropriété

Lorsqu’on achète un logement en copropriété, il faut s’intéresser de près aux charges communes. Il est important de savoir si l’eau et le chauffage sont collectifs ou individuels, car cela aura un impact sur le budget mensuel. Le dernier décompte annuel de charges permet d’estimer la part exacte qui revient au propriétaire et, en cas de location, au futur locataire.

Il est également recommandé de demander les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale. Ces documents indiquent les décisions votées, les éventuels travaux programmés et les appels de fonds à venir. Un acheteur averti doit poser des questions sur les travaux déjà réalisés, ceux en cours et ceux envisagés. Par exemple, il est utile de savoir quand a eu lieu le dernier ravalement de façade (généralement tous les 20 à 30 ans) ou encore le remplacement de la chaudière collective.

Ces éléments donnent une vision de la santé financière de la copropriété. Ils permettent aussi de négocier le prix si des travaux coûteux sont prévus. De plus, il ne faut pas hésiter à demander si le vendeur prend à sa charge les appels de fonds en cours, car c’est le propriétaire au jour de l’appel qui doit les régler.

Étudier les diagnostics et la performance énergétique

Les diagnostics immobiliers sont obligatoires lors d’une vente. Parmi eux, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mérite une attention particulière. S’il indique une mauvaise note, il faut demander l’audit énergétique, qui détaille les améliorations possibles. Cet audit peut justifier une négociation du prix si des travaux de rénovation énergétique sont à prévoir.

Un acheteur doit aussi vérifier la conformité de l’électricité et du gaz. Une installation ancienne ou non conforme peut engendrer des frais importants. Si le logement comporte des panneaux solaires, il est recommandé de comprendre leur fonctionnement : s’agit-il d’une installation destinée à l’autoconsommation ou à la revente d’électricité à EDF ? Dans ce cas, il faut demander la facture d’installation, l’attestation d’entretien et les conditions de raccordement.

Enquêter sur l’environnement et le voisinage

Un bien peut paraître parfait sur le papier, mais son environnement immédiat peut poser problème. Il est conseillé de discuter avec le vendeur pour connaître les raisons de la mise en vente, mais aussi d’échanger avec les voisins. Ces derniers peuvent fournir des informations sur la vie dans l’immeuble, le bruit, le voisinage ou encore la qualité de la gestion du syndic.

Il faut également vérifier s’il existe des procédures en cours au sein de la copropriété : impayés de charges, conflits avec le syndic, voire saisies immobilières. Ces situations peuvent fragiliser la copropriété et entraîner une hausse des charges pour les copropriétaires à jour de leurs paiements.

Vérifier les points techniques dans une maison

L’achat d’une maison nécessite d’autres vérifications plus techniques comme l’état de la toiture. Il faut savoir quand elle a été refaite, si elle présente des traces d’humidité ou de fuite, et si les gouttières sont en bon état.

L’assainissement doit aussi être contrôlé. Si le logement n’est pas relié au tout-à-l’égout, il fonctionne avec une fosse septique. Dans ce cas, il faut demander les documents d’entretien et vérifier sa conformité.

Les installations comme la piscine, la cheminée ou la climatisation doivent également être examinées. Une piscine peut cacher des fuites, une mosaïque décollée ou un système de filtration défaillant. Pour une cheminée, il faut exiger les preuves d’entretien annuel. Quant à la chaudière, qu’elle soit à fioul ou à gaz, son entretien régulier est obligatoire.

Se renseigner sur la fiscalité

La taxe foncière est un élément souvent sous-estimé. Son montant peut varier fortement selon les communes, voire d’une rue à l’autre. Mieux vaut la connaître avant d’acheter.

Autre point de vigilance : la situation géographique du bien. Il faut se renseigner sur la zone de risques naturels et savoir si le bien est en zone inondable. Si le logement a déjà subi une inondation, il est recommandé de demander ce qu’a fait l’assurance et si une indemnisation a été versée.

Enfin, certaines situations particulières méritent d’être évoquées. En effet, il est possible de demander s’il y a eu un meurtre dans le logement.

Examiner les règles d’usage et les possibilités de location

Certains immeubles sont qualifiés d’habitation bourgeoise, ce qui peut limiter la location de courte durée. Effectivement, la location de courte durée type Airbnb peut être interdite ou soumise à des conditions strictes. Il faut donc consulter le règlement de copropriété pour vérifier ce qui est autorisé.

Cette vérification est importante pour les investisseurs. Louer sans autorisation peut entraîner des sanctions et une obligation de restitution des loyers perçus.

Étudier les factures et la consommation du logement

Enfin, demander les factures d’électricité, d’eau et de chauffage permet d’estimer les coûts de fonctionnement du logement. Ces documents donnent aussi des indices sur la présence éventuelle de fuites d’eau ou d’une surchauffe énergétique. Si des panneaux solaires sont installés, il faut vérifier la rentabilité de l’installation et les modalités de contrat avec EDF.

Acheter un bien immobilier, c’est souvent un mélange d’émotion et de raison. On peut avoir un vrai coup de cœur pour un lieu, mais il ne faut jamais négliger les vérifications. En prenant le temps d’examiner les documents, de poser les bonnes questions et de se renseigner sur l’état du logement et de son environnement, on évite bien des mauvaises surprises. N’hésitez pas à vous tourner vers votre agent immobilier pour poser vos questions.