La transmission de patrimoine nécessite une préparation minutieuse afin d’optimiser la fiscalité et éviter les déséquilibres pouvant impacter les héritiers. En effet, de nombreux Français privilégient l’investissement immobilier, considéré comme une valeur refuge. Toutefois, une diversification insuffisante entre le patrimoine immobilier et le patrimoine financier peut poser des problèmes lors de la transmission. Cet article propose une approche structurée pour préparer efficacement la transmission de son patrimoine.

Une stratégie patrimoniale équilibrée

En France, 57 % des ménages sont propriétaires¹, la moitié des ménages possédant plusieurs biens immobiliers louent au moins l’un de leurs logements, contre 13 % pour l’ensemble des ménages.² Les Français ont un fort attrait pour la pierre, ce qui peut cependant engendrer un manque de diversification patrimoniale, avec des conséquences importantes en matière de transmission.

En effet, un patrimoine immobilier mal équilibré peut engendrer plusieurs difficultés. Tout d’abord, il peut entraîner un manque de liquidités, notamment à la retraite, période où les besoins financiers augmentent pour maintenir son niveau de vie ou aider ses enfants.

Les enjeux fiscaux de la transmission

La transmission patrimoniale nécessite une anticipation rigoureuse, car l’imposition sur les revenus fonciers et la plus-value immobilière peut représenter un véritable frein. Les revenus fonciers sont taxés, soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, ce qui réduit ainsi leur rentabilité nette. De plus, en cas de revente d’un bien autre que sa résidence principale, le propriétaire peut avoir une plus-value immobilière, bien que celle-ci soit soumise à une exonération progressive sur 30 ans. Enfin, un patrimoine trop concentré dans l’immobilier peut peser sur la transmission, en augmentant les droits de succession.

Pour limiter ces frais, il est recommandé d’optimiser sa stratégie patrimoniale en amont, notamment en transférant une partie de son patrimoine immobilier vers des placements financiers.

Arbitrer son patrimoine pour alléger la fiscalité

Qu’est-ce que l’arbitrage ?

L’arbitrage de patrimoine consiste à réallouer ses actifs en fonction de sa stratégie financière, de son profil de risque et de ses objectifs patrimoniaux. Cette démarche permet d’optimiser ses investissements.

Quelle stratégie mettre en place pour arbitrer son patrimoine ?

Une stratégie efficace pour alléger la fiscalité consiste à vendre une partie de son patrimoine immobilier avant 70 ans pour réinvestir dans des placements financiers tels que l’assurance-vie.

Cette approche présente plusieurs avantages. Tout d’abord, l’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal avantageux en matière de transmission. Selon l’article 990i du Code général des impôts, les capitaux transmis sont exonérés de droits de succession jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire sur les versements et les intérêts, à condition que les versements aient été réalisés avant 70 ans. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 euros s’applique pour l’ensemble des bénéficiaires, sur les versements hors intérêts.

Contrairement aux loyers issus d’un bien immobilier, fortement taxés à l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, les intérêts générés par des placements financiers bénéficient d’un cadre fiscal plus souple. Cela permet de dégager des revenus complémentaires tout en optimisant la fiscalité.

De plus, l’assurance-vie devient plus intéressante au fil du temps : après 8 ans, les gains sont soumis à un prélèvement forfaitaire réduit (7,5 % après abattement de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à une imposition commune). Cette progressivité fiscale encourage à ouvrir un contrat au plus tôt pour maximiser ses avantages.

Le bilan patrimonial

Pourquoi réaliser un bilan patrimonial ?

Tout au long de la vie, la situation patrimoniale évolue en fonction d’événements (mariage, naissance, succession, retraite) et des changements économiques ou fiscaux. Il est donc recommandé d’effectuer un bilan patrimonial.

Le bilan patrimonial est une analyse approfondie de votre situation financière, immobilière et fiscale. Il permet d’identifier les points forts et les axes d’amélioration de votre patrimoine afin de prendre les meilleures décisions en matière d’optimisation fiscale, successorale et de gestion des investissements.

Il est recommandé de l’effectuer plusieurs fois, et notamment entre 60 et 70 ans, période charnière pour planifier une transmission progressive de son patrimoine et évaluer ses besoins en liquidités pour maintenir son niveau de vie. Cela permet également de profiter des abattements et des exonérations sur les successions, notamment avec les donations en nue-propriété ou sur les assurances-vie.

Quand réaliser un bilan patrimonial ?

L’idéal est de réaliser un premier bilan patrimonial vers 50 ans, puis d’effectuer un point d’étape entre 60 et 70 ans afin d’ajuster sa stratégie patrimoniale à l’approche de la retraite et de la transmission. Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine permet d’obtenir une analyse complète et de bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

 

Anticiper la transmission de son patrimoine est essentiel pour réduire les frais de droits de succession. Une stratégie équilibrée entre immobilier et placements financiers permet d’assurer une transmission optimisée tout en préservant ses revenus à la retraite. L’arbitrage patrimonial et l’investissement en assurance-vie sont des solutions efficaces pour réduire les coûts successoraux et garantir une meilleure liquidité. Il est donc conseillé de réaliser un diagnostic patrimonial en amont afin d’adopter les meilleures décisions pour soi et ses héritiers.

Vous souhaitez obtenir des conseils en gestion de patrimoine ? Nous vous mettons en relation avec l’un de nos experts sur la Côte d’Azur.

 

Sources :

¹ “Le parc de logements au 1er janvier 2024”, INSEE
²  “France, portrait social , Édition 2021”, INSEE